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APRES DES LEGISLATIVES PERTURBEES : Quel sort pour les présidentielles de 2011 ?Les dernières élections législatives en Egypte, qui ont eu lieu le 28 novembre pour le premier tour puis le 5 décembre 2010 pour le second tour, se sont déroulées dans un climat inhabituel en raison des perturbations.Tout d’abord quelques chiffres concernant ce grand pays qu’est l’Egypte. La population égyptienne est estimée à 82 millions d’âmes avec à peu près 40 millions d’électeurs, soit près de la moitié seulement de la population globale. Ce qui supposerait qu’un égyptien sur deux n’aurait pas voté. Des commentateurs cairotes parlent d’une faible participation évaluée à seulement 5%. Sur les 518 sièges que compte l’assemblée, la chambre sortante disposait de 454 auxquels il y a lieu d’ajouter 64 autres sièges réservés à des femmes. Soit le 1/7 des sièges réservés aux hommes. Selon le pouvoir, cette mesure est destinée à favoriser la représentation féminine au sein des institutions de l’Etat. Les femmes seront –elles plus nombreuses à l’avenir à l’assemblée? Lors de ces dernières élections de fin d’année 2010, dix-sept partis étaient en lice, se répartissant comme suit : le PND (principal parti aux pouvoir) avec 763 candidats, suivi des Frères musulmans (sous l’étiquette des indépendants) avec 130 candidats et de Hizb-El-Wafd (libéral) avec 168 candidats. En ce qui concerne les résultats du scrutin du deuxième tour le PND est majoritaire avec 420 députés sur les 508 sièges, soit près de 83% des sièges. Il est clair qu’avec un tel résultat il ne restait plus, ou presque pas, de chance aux autres partis en lice. Il s’emblerait que le parti des Frères musulmans, est considéré comme étant la principale force d’opposition au régime en place et la mieux structurée, a été en quelque sorte muselé, du fait que lors de la campagne électorale ses partisans aurait été accusés d’avoir utilisé la religion dans leur slogan, ce que n’a pas apprécié le pouvoir. Avec un tel slogan, il est clair qu’il leur sera certainement difficile d’atteindre leur but. Ils devront peut-être changer de tactique pour les futures élections, sachant que dans le système égyptien pour se présenter à la présidentielle il faut avoir un minimum d’élus au sein des semblées nationales et locales élues. Ce qui veut dire très clairement qu’un candidat indépendant n’a aucune raison de se présenter. Quoi qu’il soit, avec une majorité écrasante, le PND, parti présidé par le chef de l’Etat en exercice, ne laissera sans doute pas apparaître une nouvelle force politique, quelle que soit sa couleur, ni n’acceptera aucune tentative de régime religieux. C’est la Politique de j’y suis, j’y reste. Les conditions dans lesquelles se sont déroulés les meetings et les élections ont laissé de mauvais souvenirs, en raison des dépassements et des perturbations dans différentes localités du pays. La presse aurait rapporté que certains opposants au régime en place ont passé de mauvais moments : écoutes téléphoniques, intimidations, surveillance des acteurs politiques comme Mohamed El Baradei, l’ancien responsable de l’AIEA, éventuel candidat à la prochaine élection présidentielle de septembre 2011. Selon certains observateurs, le pire serait à craindre lors du prochain scrutin, car il s’agira de la présidence. Il est plus que certain que des mesures seront prises par le pouvoir pour contrecarrer toute alternative. La bataille ne sera pas facile, certes ! Lors des législatives, le PND, dont le président n’est autre que le chef de l’Etat, Housni Moubarak, a été soutenu par des ministres du gouvernement actuel. De l’avis de l’analyste Chadi Hamid du centre Brookings Doha, « le parlement de 2010 est sans doute le plus illégitime de l’histoire, contemporaine de l’Egypte et nul ne peut le prendre au sérieux ». Hormis les 10 sièges pourvus par le président lui-même, le parlement en compte 508. Sur les 508 sièges en lice : le PND a rapporté 420, les candidats indépendants 70. Quant aux autres formations politiques elles ont apporté 14 siéges. Les 04 sièges restants n’ont pas été annoncés. Entre les deux tours l’écart a été de 8% soit : 35% pour le premier tour et 27% pour le second. On parle même d’un taux de participation bien inferieur à celui annoncé par la commission électorale. Selon certains observateurs le déroulement des dernières législatives fait apparaître que le gouvernement a tout fait pour écarter les voies embarrassantes de l’opposition afin de se concentrer, au mieux, sur les prochaines élections présidentielles de 2011. Avec un parti majoritaire dès le départ, il était visiblement clair que les autres formations politiques (toutes couleurs et tendances confondues) étaient loin d’atteindre un score équivalent. Avec les 420 sièges obtenus par le PND sur les 508 prévus, les autres partis d’opposition avaient peu de chance de rivaliser avec le parti du chef de l’Etat. Si l’on tient compte de ces résultats, l’avenir semble obscur pour l’ensemble des formations politiques, se considérant d’opposition, face au PND qui fera tout (pour ne pas dire usera de tous les moyens) pour maintenir sa position et glaner le maximum de voix lors des élections présidentielles de septembre 2011, car il y va du fauteuil de chacun. Le président actuel, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis près de 30 ans, serait-il prêt à lâcher les rênes ou devra t-il faire en sorte que son fils Gamal lui succède ? Du moins c’est ce qui se dit dans le milieu politique et dans les coulisses. On parle aussi d’une possible succession héréditaire, qui n’est pas à écarter. Car, c’est ainsi que fonctionnent certains dirigeants arabes. Dès lors qu’ils sont au pouvoir ils s’y plaisent et pour rien au monde ils ne céderaient leur fauteuil. Comme par exemple l’ex-président tunisien Bourguiba. C’est une sorte de monarchie sous un autre manteau, comme ce fut le cas en Syrie. Reste à savoir qu’elles seront les réactions des Egyptiens lors de l’élection présidentielle de Septembre 2011 ? Iront-ils voter massivement pour soutenir leurs partis respectifs, dans la mesure où il y aura d’autres candidats ? Cela dépendra de toute évidence du nombre de candidats éventuels. Compte tenu des conditions d’éligibilité prévue par le système égyptien, le parti du président Moubarak demeure majoritaire. Ce qui veut tout dire. La préparation et l’organisation des prochaines élections devraient tenir compte d’un certain nombre de paramètres pour que les mêmes erreurs ne se répètent pas. Des élections transparentes et démocratiques seront-elles possibles un jour ? L’avenir le dira. M.Bentahar
Mardi 14 Décembre 2010
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REFLEXION
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