REFLEXION

APRES CELUI DE MARS 2007 : Le procès Khalifa débute aujourd’hui, quelles leçons tirer ?

Le procès Khalifa, après celui de Sonatrach1, Sonatrach 2 , plus important n'étant pas encore programmé pris en charge par la justice italienne, , la route Est –Ouest se tiendra le 04 mai 2015. Ces différents scandales financiers donnent une image - ternie de l’Algérie au niveau international et national. Car comment un responsable impliqué directement ou indirectement peut-il être crédible auprès de l’opinion et de ses collaborateurs. Etant innocent jusqu’à preuve du contraire, à l’image de ce qui se passe dans les pays développés et émergents, la pudeur et la déontologie est de se retirer de la fonction gouvernementale pour se défendre en tant que simple citoyen. Car c'est seulement quand l'Etat est droit qu'il peut devenir un Etat de droit



1. L’affaire Khalifa revient donc sur la scène après que les anglais aient décidé d'extrader Abdelmoumène Khalifa  Rappelons qu’un  dossier de plainte existe au niveau du Tribunal correctionnel de Nanterre (région parisienne). L’affaire concerne non seulement des détournements de fonds mais aussi des délits qui ont mené à la faillite plusieurs filiales françaises de la compagnie aérienne Khalifa Airways et de Khalifa Rent. Le premier procès s’est  tenu en mars 2007, abrité par le même tribunal qui s’est achevé par la prononciation de peines allant d’une année à 20 ans de prison, et la relaxation d’une cinquantaine de personnes, parmi les 94 prévenus jugés en comparution. Dix autres accusés avaient été condamnés par contumace, dont le principal accusé dans cette affaire, Abdelmoumène Rafik Khelifa, condamné à la prison à perpétuité. Le 04 mai 2015 ,  385 témoins seront convoqués, le 4 mai prochain, au tribunal criminel près la cour de Blida dans le cadre du procès de l’affaire El Khalifa Bank, selon l’agence gouvernementale APS ainsi que   133 autres personnes, entre victimes et partie civile, Les délibérations se tiendront à la salle 01 dudit tribunal criminel présidé par  le même juge qui  avait présidé le dernier procès en cassation, tenu le 2 avril 2013. Les accusés seront jugés notamment pour les chefs d’inculpation de « constitution d’une association de malfaiteurs, vol qualifié, escroquerie, abus de confiance et "falsification de documents officiels ».   Or depuis ce scandale qualifié à l’époque par l’ancien Premier ministre algérien (2007) de hold-up du siècle se sont greffés d’autres scandales dont les montants sont aussi  importants, sinon plus importants  qui font la Une des journaux nationaux, internationaux  et des tribunaux internationaux. Mais est ce que ces pratiques occultes de Khalifa ou d’autres sont-elles le fait d'un groupe limité ou ont-ils pu se réaliser sans la complicité de nombreux acteurs du système? Nous avons pu assister lors du procès Khalifa à l’interpellation de plusieurs hauts responsables dont certains en fonction actuellement ou de leurs proches et du secrétaire général de l’UGTA et ancien président du conseil d’administration (CA) de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) lors de son audience le 10 février 2007, où il est le seul, il faut lui reconnaître ce courage, à avoir reconnu avoir procédé aux placements, les autres responsables, disant qu’ils n’étaient pas  au courant de la gestion de leurs secteurs,   et  accusant leurs collaborateurs.
2.- Certes la corruption    a toujours existé dans toutes les sociétés et les différents scandales financiers actuels avec la crise économique le montre clairement, mais en, Algérie rapporté au produit intérieur brut, elle dépasse largement les normes internationales, et chose plus grave, elle s’étend à toute la société. Cela rend urgent  la moralisation de la société, surtout de ceux qui la dirigent, impliquant  la refondation de l'Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile ce qui  passe nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. Cela implique la fin de l'Etat de la mamelle et celle de la légitimité révolutionnaire afin que le pouvoir de bienfaisance inauguré comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l'échange d'une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. La lutte concrète contre la corruption  passe par une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique. Dans toute société où domine un Etat de droit, c'est la norme du droit qui doit reprendre sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. Le passage de l'Etat de «soutien» à l'Etat de droit est de mon point de vue un pari politique majeur car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation et l'Etat. Dès lors, la question centrale qui se pose est la suivante : vers quelle mécanique politique se penchera la refondation politique souhaitable reposant sur la moralité. La question qui mérite d'être posée aujourd'hui : est-ce que les pouvoirs politiques algériens successifs de 1963 à 2015 ont édifié un Etat national d'abord et qu'est-ce qu'un Etat national dans le cas algérien précisément car, il faut bien le rappeler, il n'y a pas d'Etat national standard, mais que les équipements anthropologiques intrinsèques qui peuvent modeler le système politique inhérent à chaque situation socio-anthropologique. Mais si l'Etat reste une entité assabienne, il risque de péricliter comme le démontre Ibn khaldoun quand son âge politique tire à sa fin dont la cause fondamentale est l'immoralité (corruption) qui tend à dominer toutes les structures de tout pouvoir. Lorsque la valeur travail est dévalorisée, la distribution passive de la rente des hydrocarbures, tant que les recettes sont élevées ne fait que différer ce cycle descendant. D’où l’importance d’institutions crédibles  et sans verser dans les règlements de comptes inutiles,  d’asseoir un pouvoir démocratique reposant sur les libertés. Cela prendra du temps, il ne faut pas verser dans la démagogie,  mais il faut commencer s l’on veut éviter cette décadence. N’oublions pas  que la démocratisation en Europe, s’est faite sur plusieurs décennies et que comme l’ont montré les prix Nobel de sciences économiques que de nouvelles institutions ont pour conséquence à court terme une décroissance, mis sont porteuses d’une croissance durable à terme.
3.- En résumé, c'est seulement quand l'Etat est droit qu'il peut devenir un Etat de droit. Mais ne soyons pas pessimistes quant à l’avenir de l’Algérie. Militons pour une prise de conscience générale de l’urgence du changement, fondement de la stabilité de l’Algérie, qui conditionne la stabilité de toute la région euro-méditerranéenne et euro-africaine le statu quo actuel étant suicidaire. Car, au-dessus de tout, l'Algérie reste un pays dynamique, plein de vitalité, qui se cherche et cherche sa voie. Nous devons devenir des citoyens qui se respectent parce qu'ils se respectent d'abord entre eux d'où l'importance de la tolérance et de débats contradictoires productifs. Aussi, face aux mutations géostratégiques importantes qui se dessinent notamment au niveau de l’Afrique dont fait partie l’Algérie, il est impératif de penser à un nouveau mode de gouvernance dont le fondement est la liberté, au sens large, pour une société participative et citoyenne tenant compte de notre anthropologie culturelle historiquement datée, comme en témoignent les différents cycles de civilisations depuis que le monde est monde. L’affaire Khalifa et bien d’autres dossiers de scandales financiers aussi importants, sinon plus importants, pour ne citer que quelques uns, comme Sonatrach, l’auto- route Est Ouest- le programme agricole (PNDA)- la BCIA, rendent  de rétablir la morale dans la gestion de la Cité, en fait rétablir la valeur travail fondement de la richesse de toute nation. Cela s’applique aux relations internationales dont le fondement de la crise actuelle est avant tout, également moral.

 

Abderrahmane MEBTOUL
Dimanche 3 Mai 2015 - 18:13
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