REFLEXION

ANNA ZOTOVA, UNE OBSERVATRICE INTERNATIONALE TEMOIGNE : "Je n'ai vu aucune irrégularité"

Le Point.fr, a Publié, hier une interview avec Anna Zotova, observatrice internationale , invitée à superviser le scrutin du 17 avril 2014, cette représentante de la direction "droits de l'homme et terrorisme" de l'ONG internationale GNRD a affirmée que les normes internationales ont été respectées dans les bureaux qu'elle a visités et qu’elle n’a enregistrée aucune irrégularité. Interview de Armin Arefi, envoyé spécial à Alger :



Le Point.fr : Ali Benflis dénonce une "opération de fraude à grande échelle". En avez-vous été témoin ?
Anna Zotova : C'est très intéressant, car nous avons parlé aussi bien avec des représentants d'Ali Benflis que d'Abdelaziz Bouteflika, et tous nous ont dit que le scrutin avait respecté les procédures et les lois, et qu'aucune propagande ou pression politique n'avait été exercée sur les électeurs.
Voulez-vous dire que vous n'avez décelé aucune fraude ?
Je ne peux me prononcer que sur ce que j'ai vu de mes propres yeux. Il était important de vérifier certaines procédures internationales et algériennes : si chaque électeur était enregistré au préalable, s'il bénéficiait d'une seule enveloppe pour y déposer son bulletin, si les isoloirs garantissaient un anonymat total, si les urnes ouvraient à huit heures du matin et fermaient le soir à 20 heures, avant d'être scellées jusqu'au décompte, et s'il était possible de voter par procuration. Ainsi, je peux vous affirmer que je n'ai constaté aucune irrégularité. Au contraire, le personnel des bureaux de vote était bien entraîné et guidait même les électeurs non habitués.
Certains bureaux de vote ont pourtant fermé à 21 heures.
Tout à fait, pour favoriser une hausse de la participation dans des centres où ne s'étaient rendus que peu d'électeurs. Mais c'est tout à fait légal et commun dans le monde.
Ce serait donc un sans-faute pour l'Algérie ?
Les personnes les plus âgées, ainsi que les handicapés, ont parfois eu du mal à accéder à certains bureaux, lorsqu'ils se trouvaient à l'étage. Parfois, nous avons aperçu sur la table de vote, devant certains observateurs, des brochures de campagne à l'effigie de leur candidat, ce qui n'est pas autorisé. Quand on s'en rendait compte, ils les cachaient sous une feuille. De la même manière, certaines affiches de campagne étaient parfois situées trop près des bureaux de vote, ce qui n'est pas normal. Ces constatations figureront dans notre rapport final.
Outre Benflis, la presse indépendante fait, elle aussi, état de bourrage d'urnes.
Nous n'avons pas pu tout voir, car nous avons des capacités limitées. Nous sommes une équipe de dix observateurs en provenance de nos différents bureaux dans le monde. Par groupe de deux, nous avons visité au cours de la journée de jeudi une quinzaine de bureaux à Alger. Nous nous sommes ensuite tous retrouvés dans un centre pour le décompte des voix. Ainsi, nous n'avons pas pu être présents dans un bureau tout au long de la journée. En outre, nous ne pouvons rien garantir sur ce qui aurait pu se passer après nos départs des bureaux.
Dix personnes pour tout un pays ? Mais c'est infime à l'échelle de l'Algérie !
En tout, entre 300 et 400 observateurs étrangers étaient présents jeudi en Algérie pour vérifier la régularité du scrutin. En ce qui nous concerne, nous avons une longue expérience dans le domaine de la supervision impartiale des élections, en Jordanie, en Égypte et au Soudan, par exemple. Nous avons été invités par le gouvernement algérien à observer cette élection.
Comment expliquez-vous que l'Union européenne n'ait été prévenue que trop tard par Alger et qu'elle n'a donc pas pu envoyer ses observateurs ?
C'est étonnant, car le gouvernement algérien a insisté auprès de nous pour que nos observateurs soient d'origine européenne, alors que nous possédons huit bureaux dans le monde.
Alger annonce un taux de participation de 51 %, dont seulement 37 % à Alger. Avez-vous été témoin de cette abstention record ?
Clairement, le nombre total de votants n'était pas élevé. Nous avons vu des personnes âgées, des électeurs d'âge moyen, mais, à vrai dire, je n'ai personnellement pas vu un seul jeune de moins de 25 ans voter.

Réflexion
Samedi 19 Avril 2014 - 11:12
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