REFLEXION

ALORS QUE SELLAL ASSURE QUE LE PROBLEME EST REGLE EN ALGERIE : Les petites villes continuent de manquer d’eau



Les habitants de plusieurs villages de la daïra de Maatkas ont bloqué dimanche 7 août des bâtiments officiels pour protester contre l’absence d’approvisionnement en eau dans leurs communes. Même chose dans la wilaya de Bejaïa. Des manifestations du même genre ont eu lieu au cours du mois de juillet, toujours dans la wilaya de Bejaïa. La population protestait contre le rationnement de l’eau potable.
A Kherrata, une daïra située à 60 km de Bejaïa, une heure avant la rupture du jeûne, d’interminables embouteillages se forment à l’entrée de la ville : les gens viennent faire la chaîne pour remplir leurs bidons à une fontaine située à l’entrée de la ville. Le plus exaspérant pour la population, c’est qu’à quelques mètres à peine se trouve un des plus grands barrages du pays. Et comme les autres, il est plein après un hiver pluvieux. Mais les habitants de la région n’en profitent visiblement pas. Ce problème de la distribution de l’eau se pose dans de nombreuses autres régions du pays, mais la pression s’accentue pendant l’été et le ramadhan. Pourtant, officiellement, « le problème de l’eau potable est définitivement réglé en Algérie », affirmait à la mi-juillet le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal. Le pays affichait ainsi en 2009, un taux de raccordement à l’eau potable de 93 % selon les chiffres officiels. Alors qu’il assistait à la mise en service à Blida d’une station de pompage d’une capacité de production initiale de 20 000 m3/jour et de 80 000 d’ici la fin de l’année, il ajoutait que le taux de réserves d’eau mettait le pays « à l’abri d’un quelconque problème d’approvisionnement en eau pendant deux années ». Treize nouveaux barrages sont en projet ainsi que d’autres infrastructures qui seront opérationnelles dans les prochaines années. Mais visiblement, tous les Algériens ne profitent pas encore de ces équipements. En réalité, il est certain que l’Algérie a fortement amélioré l’approvisionnement en eau dans le pays. Mais les progrès concernent surtout les grandes villes, comme Alger, Oran, Constantine et Annaba… où effectivement, l’eau, gérée d’ailleurs par des sociétés étrangères, est présente quasiment 24h/24 dans la plupart des foyers. Mais dans les villes moyennes et dans les campagnes, la situation est encore très difficile. Selon les chiffres officiels, 70 % des 1541 communes du pays ont de l’eau quotidiennement, 18 % un jour sur deux et 12 % un jour sur trois. Cela signifie que près d’une commune sur trois n’est pas approvisionnée quotidiennement en eau dans le pays. Dans les faits, ces chiffres pourraient être inversés : la majorité des foyers en dehors des grandes villes ne reçoivent pas l’eau quotidiennement. La population a en effet augmenté, comme partout en Algérie alors que les capacités d’approvisionnement en eau n’ont pas suivi. Certaines infrastructures datent des années 70 et 80 et n’ont pas été rénovées depuis. Pourtant, les derniers plans quinquennaux ont attribué des sommes importantes au secteur de l’eau. Les habitants doivent installer des citernes et un système de pompage pour pouvoir emmagasiner l’eau lorsqu’elle coule au robinet et vivre sur ces réserves jusqu’à la prochaine arrivée de l’eau. Sauf que ces installations coûtent cher et sont inaccessibles pour les revenus les plus modestes qui doivent alors revenir au vieux système D, en stockant le précieux liquide dans des bidons. Pour ces Algériens là, n’en déplaise à monsieur Sellal, le problème de l’eau potable est loin d’être définitivement réglé en Algérie.

Sarah
Mardi 9 Août 2011 - 11:31
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ACTUALITÉ
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