REFLEXION

ALORS QUE LE MONDE ARABE EST ENDEUILLE PAR LA REPRESSION DES REVOLTES DEMOCRATIQUE: Faut-il maintenir la manifestation Tlemcen capitale de la culture islamique ?

Le 16 avril prochain, les festivités de Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011, débuteront officiellement. Cet événement va se dérouler dans un climat très particulier dans le monde arabe. Plusieurs pays de la région, notamment la Libye, la Tunisie, l'Égypte, le Yémen, la Syrie et Bahreïn, connaissent ou ont connu ces dernières semaines de violents mouvements de protestation de leurs populations qui réclament plus de démocratie.



ALORS QUE LE MONDE ARABE EST ENDEUILLE PAR LA REPRESSION DES REVOLTES DEMOCRATIQUE: Faut-il maintenir la manifestation  Tlemcen capitale de la culture islamique ?
A chaque fois, ces mouvements ont été réprimés dans le sang, faisant plusieurs morts, et même comme en Libye des milliers de morts. L'Algérie, où doit se dérouler la manifestation, n'échappe pas à la règle. En janvier, de violentes émeutes ont fait plusieurs morts et depuis, la population multiplie les mouvements de protestation sectoriels dans la rue pour dénoncer la mal vie et la corruption. Dans ce contexte, un événement comme la célébration d'une capitale de la culture islamique, peut il se dérouler selon son programme initial, sans prendre en compte ce qui se passe dans la région qu'il représente (Conakry en Guinée est capitale de la culture islamique 2011 pour l'Afrique et Djakarta en Indonésie pour l'Asie) ? Des pays comme la Libye et le Yémen seront ils représentés par le pouvoir officiel ou par des délégations issues des rangs des insurgés ? Jusqu'à présent, le ministère de la Culture ne s'est pas exprimé concrètement sur le sujet, précisant seulement qu'il souhaitait, comme prévu, la participation de la Tunisie et de l'Égypte.A ces questions s'ajoute la façon dont l'évènement a été organisé et planifié en Algérie. L'Algérie, toujours friande de démontrer qu'elle possède encore une certaine aura culturelle et intellectuelle dans le monde arabe, a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Le budget engagé par l'État s'élève ainsi à 10 milliards de dinars, soit 100 millions d'euros, selon le chiffre avancé par la ministre de la Culture, Khalida Toumi. L'État a rénové pour l'occasion plusieurs sites, a financé la construction de projets hôteliers, d'un palais de la culture, d'un centre d'études andalouses, d'un théâtre de verdure... Une telle débauche de moyens paraît disproportionnée alors que les contractuels réclament en vain depuis des mois leur intégration dans le secteur de l'éducation, que les chômeurs manifestent devant les bureaux de l'Anem dans tout le pays et que les révoltes du logement se succèdent semaines après semaines.Évidemment, il n'est pas question de dénigrer l'importance de la culture et les actions indispensables qui doivent être menées en ce sens par le gouvernement, ni d'affirmer qu'une manifestation culturelle ne peut exister sans dimension politique. Parfois effectivement la culture doit rester déconnectée de la politique. Mais étant donné l'ampleur du changement qui est en marche dans le monde arabe, il est difficile de le concevoir dans ce cas précis.
Bien sûr, l'évènement est planifié depuis déjà plusieurs années et il aurait été difficile de le stopper net dans sa phase finale, notamment après l'investissement du monde culturel et universitaire national et des différents pays participants. Mais il reste qu'il se dégage un goût amer de la manifestation. Jusqu'à présent, le ministère de la Culture ou les responsables de l'ISESCO (l'Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture) qui organisent l'évènement, n'ont pas commenté l'actualité ni évalué ses conséquences sur la manifestation, ou sur des aménagements nécessaire de son programme. L'ISESCO a seulement condamné le régime de Kadhafi pour sa répression contre la population libyenne qui manifeste. « Le massacre des innocents est totalement contraire aux valeurs islamiques et aux principes du droit international », at elle ainsi affirmé en annulant son accord de coopération avec la fondation internationale Kadhafi pour le développement.

Ismain
Lundi 28 Mars 2011 - 11:51
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