REFLEXION

AIN TEDELES : Des enfants privés d’enfance



L’enfance, la toute première histoire de l’humanité, l’escale de la beauté spirituelle pure et sincère, demeure aujourd’hui face aux pires des réalités, battue, trahie et exploitée dans la profondeur de son innocence.
Ces temps ci tout le monde n’arrête pas de chanter le refrain de la fête de l’enfance, oubliant la misère, de ces enfants qui meurent en colère, ceux qui mendient pour alimenter leur chair, une vérité qu’on s’amuse parfois à taire.
Bien que l’état Algérien assure obligatoirement l’enseignement de tout enfant, nous continuons malheureusement de faire le lourd constat de ces petits qui trainent à travers les rues formant de nombreuses facettes d’une société autre, que celle des grands, mais dont la grandeur se résume dans la résistance et la lutte de ces petits contre la faim, analphabétisme, le banditisme et la mendicité .
Personne ne peut rester indifférent devant l’image que présente certaines citées Tédeléssiènnes à voir quelques femmes souvent accompagnées de leurs petits enfants, faire la manche à tout bout de champ, tenues délabrées, pieds presque nus, pour mieux attirer l’attention de ceux qui, selon eux ont les poches pleines, et des cœurs tendres à la joie de leurs mains tendues. Toutes les méthodes sont bonnes pour quémander et arracher le sou des profondeurs des poches. Par la même des refrains de misère sont appris par cœur aux petits, de quoi adoucir les cœurs et toucher les sentiments des passants les plus aguerris. Par besoin ou par habitude, nul ne peut juger de l’utilité de cet acte, pourtant leurs visages ne demeurent généralement pas trop familiers à la région, ils viennent d’ailleurs, des agglomérations avoisinantes ou parfois même les plus lointaines, des femmes et des gosses qui se connaissent entre eux, juste par ce qu’ils se sont déjà rencontré dans une autre commune, ou même dans une autre wilaya. Des enfants qui ont appris l’art de mendier, comme dans une académie où l’en apprends tout au moindre détail, et au millimètre prés. Y en à ceux qui se contentent uniquement de la rue au moment où d’autres ne se donnent aucun gène de taper aux portes, toutes les portes, des gens aisés et moins, pour voir mieux aboutir leur tentatives justifiées et légitimées par le besoin de survivre.
Nous avons été plus d’une fois témoins de leur manières de s’entre déchirer pour se négocier les meilleures places à cotés de leur mamans ou peut être même du moins celles qui les accompagnent, du coté du marché du centre, aux alentours des banques, des postes ou parfois même juste devant les bains morts.
Un autre phénomène vient s’ajouté à l’image de l’enfance à Ain Tedeles, celui de voir venir des petites filles comme des garçons, sacs blancs en plastic à la main, ou couffin déchiré à l’épaule, faisant encore du porte à porte pour demander du pain rassis, de quoi nourrir selon eux leurs poules et animaux domestiques. Pourtant la réalité est toute autre, combien de fois ont-ils été surpris en train de le vendre dans des sacs pleins au niveau du marché hebdomadaire du lundi en raison de 400 DA le sac aux différents éleveurs qui viennent de partout. Est-ce le besoin ? la malice ? ou la manipulation qui ont fait de ces enfants une cible facile au monde du travail, ou ils travaillent beaucoup à leur âge pour gagner très peu ? Des enfants aussi dont les parents contrariés par la pauvreté en vu de leurs familles nombreuses, ont été forcés de quitter l’école, pour contribuer à subvenir aux besoins de leurs familles, notamment à travers les zones rurales, et les douars les plus démunis.
Ain Tedeles demeure aussi une ville qui se réveille ces derniers temps sur différentes histoires alarmantes, dont la toute dernière avait couté la vie à une jeune fille mineure de 16ans, et ces affaires à inciter des mineurs à la débauche et à d’autres fléaux sociaux assez dangereux pour des enfants dans leurs âges .Par ailleurs, il ya bien quelques cas encore plus graves , qui n’arrêtent de se multiplier en un temps record, pour des jeunes femmes généralement mentalement malades qui ne cessent d’être engrossées, par des monstres inhumains perdus dans la nature sans avoir le moindre sens de conscience sur le dos .Ces enfants qui sont nés et qui continuent à naitre sans pouvoir connaître de papa ni le sens d’une famille propre à eux pour pouvoir y grandir et y vivre en paix tout comme des enfants aux droits complets.
Jamais Ain Tedeles ne sera prête à oublier la souffrance de la jeune « M »qui connaît des troubles de comportement, mère célibataire dont l’enfant aura surement l’erreur des adultes sur les épaules, ni la tragique histoire de la jeune maman « H »qui vient d’être transférée à l’hôpital psychiatrique de Mostaganem, et qui n’a pas échappé au même sort en mettant au monde le petit « M » le malheureux petit garçon qui selon des sources bien informées attend un nouveau frère ou sœur au même titre de tragédie. Il est vrai que l’état a bel et bien créé des structures d’accueil pour ce genre d’enfants avec tous les moyens matériels et humains qu’il faut, mais il est vrai aussi que ces petits grandiront avec ce complexe d’infériorité absolue, privés du moindre moment de joie au sain d’une vraie famille .
La joie du 1er juin comme étant une fête de l’enfance , est peu être un raisonnement et un droit légitime pour ceux qui , gardent encore en eux cette joie de vivre, d’aller à l’école, et de partager le quotidien de leur familles aussi pauvres soient elles ou riches, mais pour d’autres, cette date n’est autre qu’un jour comme les autres, peu être pire, par ce qu’il leur rappelle si combien ils sont des enfants privés proprement dit de leur enfance.

WAHIDA TAYEB
Lundi 1 Juin 2009 - 00:24
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MOSTAGANEM
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