REFLEXION

AGRESSIONS, ROUTES BARREES, EMBOUTEILLAGES ET COLERE DES CITOYENS : Le casse-tête du tramway à Mostaganem

Annoncé par les responsables des travaux du tramway comme le « projet du siècle », et à peine le début de la réalisation commencé, que la polémique s’installe parmi la population de la ville de Mostaganem. Car, certains citoyens paient déjà le prix fort ! Et pour cause : agressions, embouteillages, désagrément dus aux rues barrées sont leur lot quotidien. Enquête sur un chantier titanesque qui divise les citoyens entre ceux qui le soutiennent et les détracteurs.



Un tracé d'emblée contesté par les habitants et commerçants de la ville. Il faudra en effet beaucoup de sacrifices et de sueurs pour que le simple citoyen résident à  Mostaganem-ville puisse embarquer à bord du tramway, décrit comme une « révolution » dans le domaine des transports publics dans la wilaya. Avant qu’il ne soit inauguré par les hauts responsables, nous commençons déjà à ‘’goûter’’ au calvaire des travaux de réalisations, avec des embouteillages en plein centre-ville, où pas tard que dimanche dernier, nous avions dû laisser littéralement notre véhicule à l’embouchure de l’Avenue Benyahia Belkacem, où les ouvriers de l’entreprise du tramway étaient à pied d’œuvre. La peur au ventre de se faire ‘’cambrioler la voiture’’ dans notre ascension (à pied) vers la Direction Générale de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy. Pour contourner justement les travaux, un minuscule passage à niveau pour piétons est ouvert à droite de la chaussée.

Perturbations, bouchons et exaspérations des automobilistes
Les nerfs des automobilistes sont mis à rude épreuve à chaque début et fin de journée, du fait de l’embarras causé à la circulation par les engins de terrassement en action activant sur le chantier du tramway de Mostaganem. Même si ces derniers  reconnaissent l’utilité d’un tel projet qui ne manquera pas de désengorger des artères très fréquentées, certains conducteurs continuent de se plaindre. En effet, les travaux  pour le transfert de  différents réseaux  et autres équipements situés sur le futur itinéraire du tramway à Mostaganem ne se déroulent pas sans pour autant provoquer  énormément de perturbations de la circulation automobile. Des bouchons sont enregistrés quotidiennement  dans plusieurs endroits notamment sur la double voie de la RN11 à Kharrouba, le centre-ville, le périphérique contournant la ville où plusieurs goulots d'étranglement sont enregistrés, principalement dans la matinée et les heures de pointe, étant donné que  certaines artères sont soient obstruées, soient rétrécies, suite à ces travaux, à une seule et unique voie. Au centre-ville par exemple, le boulevard principal dénommé Benyahia Belkacem est tout simplement coupé à la circulation au niveau de la 3ème Sûreté Urbaine. À la Salamandre autre grand quartier, une voie principale et commerçante a été aussi condamnée, appelée Boulevard de la Salamandre ce qui a poussé dernièrement des commerçants à organiser un sit-in pour dénoncer la paralysie totale de leurs activités en plus d'autres désagréments dus à la difficulté de déplacement en voiture. En dépit de l’utilité du projet, les automobilistes et commerçants ne peuvent plus supporter ce calvaire devenu quotidien. Ils sont exaspérés par ces tracas et affirment que c’est  très  stressant de conduire  au niveau de ses axes. « Ça devient insupportable, surtout pour ceux qui doivent faire ce trajet tous les jours», nous indique un chauffeur de bus, usager de la route. Pourtant, les travaux ne viennent que de commencer et d'autres axes et endroits  seront touchés plus tard ce qui va causer encore de nombreuses contraintes pour les habitants de la ville. « Des concessions devront être faites, car c’est important pour la wilaya » dira un vieux chauffeur de bus.

La cité ''Panorama'', cible privilégiée des agresseurs d’automobilistes piégés !
Le quartier dénommé ''Panorama'' est situé juste à côté de la cité El Arsa, à la lisière du vieux bourg de Tigditt, donc au cœur de Mostaganem. Il a fait l'objet depuis le démarrage des travaux du tramway de plusieurs actes d'agressions d'après des témoignages croisés de riverains qui se sont plaints à certains indicateurs de nos sources que depuis la fermeture du principal boulevard dénommé Dahra, qui coupe au milieu de la cité, les agressions ont littéralement explosées ! Cette partie de Mostaganem n’a pu malheureusement pas échapper à ce cycle infernal de violence qui s’est emparée de nos rues où cette dernière semble régner en maîtresse, en toute quiétude sur des quartiers qui paraissent être sous le joug de gangsters qui  font la pluie et le bon temps. Comme celui de Panorama. Ces « agresseurs » font partie de clans qui se partagent la ville en se spécialisant, chacun en un domaine. Réputé pour être un quartier « chaud » comme celui d’El Arsa, rien ne leur échappe, malheur à celui qui ose les menacer, il en payera chèrement son audace. Ces jeunes délinquants exercent en bande de deux à cinq, sous la coupe d’un chef de réseau qui négocie avec les autres chefs ,le partage du territoire d’actions, chaque bandit respecte les consignes et ne s’aventure jamais en territoire étranger, ils se surveillent de loin, choisissent les victimes et les attaquent souvent par surprise à l’aide de barre de fer voire même de sabres, étant donné que leurs victimes se retrouvent  piégées au milieu de la route, l’objectif recherché par ces agresseurs, reste le vol d’objets personnels dont les sacs à main, les portefeuilles, les portables, les bijoux, les montres et des effets vestimentaires de valeur. Ils utilisent les armes blanches qu’ils n’hésitent point à en faire usage en cas d’opposition de l’agressé.
 Plusieurs victimes se sont retrouvées au bloc  opératoire pour avoir osé se défendre ou riposter à ces bandits.  Sur place un sentiment d’isolement nous tient à la gorge dans un silence mortel loin du regard des passants.  Le motif des plaintes portent toujours sur les agressions suivies par des vols d’objets personnels dont les portables et les portefeuilles, le bilan laisse apparaître que les victimes ont été toujours seules. Décidément, les travaux du tramway continueront de faire la polémique à Mostaganem, au fur et à mesure des fermetures de routes et quartiers entiers.

L’inquiétude des commerçants de l'Avenue Benyahia Belkacem
Dès que le tracé de la ligne du futur mégaprojet du Tramway de Mostaganem, fut dévoilé dont la longueur est de 14 kilomètres comportant 24 stations, il fut contesté par une certaine frange de la population et surtout les commerçants de la plus importante artère de la ville de Mostaganem à savoir l'Avenue Benyahia Belkacem, qui craignent pour la survie de leurs activités commerciales après la fermeture partielle de cette dernière très fréquentée par les passants. Même si une autre partie des citoyens y voit une opportunité de développement social que ce tramway qui desservira une population de 150 000 habitants. Selon la version officielle des autorités; ce grand projet qui fut le choix de son excellence, le Président de la République, permettra le développement de la ville et son embellissement, il devra générer 1.000 postes d'emploi lors de sa réalisation et 500 autres permanents lors de sa phase d'exploitation.

Les familles précaires de Beymouth sollicitent l’intervention du wali
Le tracé du projet de la ligne de tramway continue de faire des mécontents et certaines conséquences s’en font ressentir à présent après la décision préfectorale d’indemnisation de quelques familles dont les habitations se trouvent justement en plein milieu du passage du futur tramway. Un parmi les exemples que nous pouvons avancer est celui le cas de ces dix-neuf (19) familles précaires résidentes dans le vieux Beymouth à la cité Hammou Boutlélis. Leur porte-parole Monsieur Diab Omar sollicite l’intervention en urgence du wali M. Maâbed Ahmed, en vue d’un relogement. Dans ce contexte, nous avons reçu au siège de notre Rédaction, le représentant desdites familles qui nous expliqua que malgré ses nombreuses sollicitations des différentes autorités locales et centrales (Daïra, wilaya, etc.) ses lettres restèrent tout simplement mortes ! Car ce nouveau problème des familles précaires réside dans le dilemme d’avoir accepté l’indemnisation pour certains logements ne dépassant pas les 40 mètres carrés, et la réalité du prix sur le marché des habitations et autres appartements à coût de milliards le F4 ou F5. « Ces familles modestes pour la plupart se sentent dans l’impasse actuellement » nous confiera Omar. Déclarés d’utilité publique, les travaux du futur tramway continuent de susciter la polémique surtout au sein des familles concernées par le passage du tramway dont les travaux avancent à pas sûrs conformément à l’étude en attendant la réduction des délais de réalisation lancée en septembre 2013 de 48 mois prévus initialement à 40 mois . Rappelons que le projet prévoit deux lignes, la première (12,2 km) reliant la localité de Salamandre au pôle universitaire de Kharouba passant par plusieurs quartiers dont le centre-ville. L’ensemble des habitations occupées par ces familles (dont la liste a été adressée au wali de Mostaganem font partie du programme du RHP (Résorption de l’Habitat Précaire), et au vu de leur situation, il est plus qu’urgent de se pencher sérieusement et définitivement sur cette épineuse question du relogement des familles « dites du tracé du tramway ».

Le projet tramway en question
Le projet comporte la construction d’un viaduc de 177 mètres et de trois passages souterrains (trémies) d’une longueur respective de 460, 358 et 130 mètres. Il inclut la création de 6 pôles d’échange bus-tram, de 10 parkings, et l’aménagement de diverses zones. Il prévoit aussi la construction d’un centre de maintenance, d’une superficie de 12 hectares, pour les travaux d’exploitation, destiné à accueillir le bâtiment de remisage, les ateliers et un bâtiment administratif. La première ligne (Salamandre-Kharouba), aura une longueur de 12,2 km et 20 stations, avec un trafic de 3 300 passagers par heure et sens, aux heures de pointe. L’autre tronçon, Gare SNTF-La Nouvelle Gare Routière, long de 2km avec 4 stations, pourra transporter jusqu’à 5 000 usagers par heure dans chaque sens en heure de pointe. Le projet comprend, entre autres, les systèmes d’énergie, la ligne aérienne de contact, la signalisation ferroviaire, la signalisation lumineuse de trafic, le système d’assistance à l’exploitation et d’information aux voyageurs. C'est le groupement Franco-espagnol "Alstom" (France) et "Corsan Isolux" (Espagne) qui  va réaliser le futur tram de Mostaganem. Il a été programmé, au titre de cet important projet, quatre pôles de changement, un centre de maintenance, un bloc technico-administratif et un centre de maîtrise. Ce moyen de transport, qui disposera de 25 wagons, permettra d’assurer une fréquence de transport en heure de pointe de 3.300 voyageurs /heure/sens pour le premier tronçon et, 5000 voyageurs/heure/sens. Le coût de ce projet est estimé à 24,34 milliards de dinars soit plus de 240 millions d'euros, tandis que les travaux de ligne du tramway, attribuée par EMA, ont un délai d’exécution de 40 mois.

Par AZZI S. Mohsen
Lundi 8 Décembre 2014 - 10:49
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