REFLEXION

AFIN D’EVITER DES SUPPUTATIONS NUISIBLES A L’IMAGE DE L’ALGERIE : Pour une transparence du montant et de la rentabilité des réserves de change dont les réserves d’or

Le cours de l’or qui a connu une augmentation passant au cours des trois dernières décennies de 200 dollars l’once, puis 400, 600, 800, 1000 à plus de 1700 dollars au lendemain de la crise d’octobre 2008 permettant des rentes spéculatives plus importantes que dans l’immobilier. Puis le cours a connu une chute depuis 2012 fluctuant entre 1300/1400 dollars (exactement 1313 dollars l’once le 08 juillet 2014). Détenir des réserves d’or et plus généralement des réserves de change sont-ils des facteurs de développement d’un pays (1)? Qu’en est-il des réserves d’or en Algérie durant la période 2009/2014, objet de cette contribution pour éclairer objectivement l’opinion publique nationale.



1.-Selon un communiqué de l’Agence Presse Service (APS)  citant le dernier rapport du Conseil Mondial de l'Or (CMO) de juillet 2014, repris par  l’ensemble de la presse  nationale, les  réserves en or de l'Algérie  à fin juin 2014  sont estimées à  173,6 tonnes. Sur  100 pays,  les États-Unis  ont  8 133 tonnes suivis de l'Allemagne et du FMI en tant que grand détenteur de réserves en or dans le monde.  L'Algérie occupe la 24ème place dans le monde et selon le même rapport, les avoirs en or  ont représenté, à fin juin 2014, 3,5% des réserves officielles globales du pays. Pour déterminer la valeur intrinsèque du lingot de 1 kilogramme d'or, il faut multiplier le prix de l'once d'or par 32,15 puis appliquer le taux de change euro / dollar. Le 08 juillet 2014 le gramme d’or se cotait en moyenne (fluctuation d’heure en heure) à 31,27 euros  soit en moyenne pour  un cours 1,35 dollar un euro 42,21 dollars. Pour 173,6 tonne d’or la valeur en juillet 2014 serait d’environ 7,50  milliards de dollars. Cela donne suivant le ratio  du CMO de 3,5% la part de l’or, des réserves de change globales pour Algérie en juin 2014 de 209 milliards de dollars contre 194 milliards de dollars au 31/12/2013. Donc 194 milliards de dollars plus 7,5  donne à fin juin 2014 203,5 milliards de dollars de réserve de change y compris les  5 milliards de dollars empruntés au FMI décision du gouvernement algérien fin 2012 et les DTS déposés au FMI de 1, 25  milliard de DTS (environ 1,9 milliard de dollars) à 1,96 md de DTS (près de 3 mds de dollars), suite à l’augmentation de la part de l’Algérie  de 705 millions de DTS selon un décret présidentiel publié au dernier Journal Officiel. Si l’on prend ces calculs l’accroissement des réserves de change entre janvier et fin juin 2014 aurait été de 5,5 milliards de dollars. Environ   83/86% sont placées en bons de Trésor américains, en obligations européennes  et une fraction  dans des banques internationales  cotées dites ‘’AAA’’, les  intérêts ramenés (fonction de  l’évolution des taux directeurs des banques centrales  et le délai du placement)  fluctuant entre 4 et 4,5 milliards de dollars selon  la Banque d’Algérie, supposant un placement à moyen terme.
 2.- Face à ces données récentes de juin  2014, l’opinion algérienne  a besoin d’être éclairée. Je demande au gouverneur de la Banque d’Algérie de nous éclairer sur cette situation paradoxale à moins que l’exploitation de la mine d’or  au Sud du pays n’ait rien produit contredisant donc les déclarations  des différents ministres de l’énergie qui se sont succédé de 2009 à 2014 et qui  avaient annoncé officiellement une production importante.  Je rappelle  que le  mercredi 03 août 2011 (voir www.google.com), dans une contribution  reprise par la presse internationale et algérienne, j’avais mis en relief  le montant des réserves d’or en Algérie. J’avais repris le rapport de 2009 du FMI et de l’organisation mondiale de l’or repris d’ailleurs à l’époque par une dépêche officielle de l’APS. Ainsi,  l’Algérie disposait, courant 2009 de 173,6 tonnes d’or, et les rapports internationaux reprenant les données officielles algériennes  donnaient le même stock en 2011. Nous revoilà avec le même stock en juin 2014.  La dépréciation d’environ de 30% de l’or entre 2009/2014 a fait perdre à ce stock  sa   valeur monétaire que j’avais estimée  début 2011 à 9,75 milliards de dollars  de 2,25 milliards de dollars.  En 2009,  l’Algérie arrivait  à la 22ème place mondiale,  le premier pays en Afrique devant la Libye, à la 3ème place dans le Monde Arabe derrière l’Arabie Saoudite (16ème place mondiale avec 322,9 tonnes) et le Liban (18ème avec 281,6 tonnes). Y a t-il eu changement comparativement au rapport  de juillet 2014 du CMO ? Or, les stocks  d’or auraient dû augmenter  suite à une recrudescence des opérations d’exploration engagées dans le sud du pays. Le problème qui se pose est où est la production  additionnelle  de la mine d’or d’Amesmessa,  En effet, entre 2009/2014, il  est utile de préciser qu’existe un gisement   situé dans l’extrême sud du pays, à Tirek-Amesmessa (à 400 km au sud-ouest de la wilaya de Tamanrasset), dans le Hoggar et que la production selon les statistiques officielles avait atteint une quantité appréciable bien  que nous ayons assisté au   retrait  du partenaire australien GMA.  En octobre 2011, la  compagnie publique d’hydrocarbures Sonatrach a  assuré  la poursuite de la production, dans l’attente d’un nouveau partenaire.  Pourquoi donne-t-on le même stock qu’en 2009 après près de cinq (5) années de production et sous l’hypothèse de non achat de l’or durant cette période ? Où a-t-on vendu l'or produit pour accroître les réserves de change ?
 3. Toujours, comme je viens de le démontrer dans deux interview à la télévision internationale Africa24 en ce mois de juillet 2014 (1)  est-il utile de signaler qu’il faille éviter l’euphorie  des réserves de change  dues en grande partie aux hydrocarbures, ressource éphémère  et préciser que la  monnaie est avant tout un  rapport social traduisant le rapport confiance État/citoyens, un signe permettant les échanges ne créant pas de richesses. Les responsables algériens, encore mus par la mentalité bureaucratique rentière versant souvent dans l’autosatisfaction déconnectée de la réalité,  ne savent pas communiquer et une totale transparence  permet d’éviter des supputations notamment à propos des réserves de change et des réserves d’hydrocarbures, processus lié. Autrefois les tribus d’Australie utilisaient les barres de sel du fait de sa rareté comme moyen d’échange. L’Espagne a connu grâce à l’or venu de d’Amérique du Sud une prospérité artificielle puis après épuisement un long déclin  (l’Algérie de 1965 était plus développé que l’Espagne de l’époque).  Au contraire la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières est nocif à toute économie. Avoir des réserves de change en devises ou en or est une condition nécessaire, pour sécuriser l’investissement et surtout éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises où existe une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar algérien, et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures, sinon le dinar flotterait à plus de 300-400 dinars un euro. C’est loin d’être une condition suffisante d’un développement durable et surtout provenant d’une rente, éphémère à savoir les hydrocarbures. Le  problème central pour l’Algérie entre 2014/2020 avec les tensions budgétaires qui s’annoncent, est de transformer cette richesse virtuelle en richesse réelle passant par un développement hors hydrocarbures se fondant sur l’entreprise et le savoir, le tout  conditionné par une nouvelle gouvernance impliquant la démocratisation  de la  décision politique et économique.

(1)    Voir les interviews  du professeur Abderrahmane Mebtoul  les 02 et 08 juillet 2014  à la télévision internationale Africa24. L’interview du 02 juillet a porté sur les défis futurs de l’économie algérienne  face à la mondialisation entre 2014/2020 :   déficit du trésor,  subventions,  l’urgence de rationaliser, optimaliser la dépense publique  et de réhabiliter l’entreprise dans des segments à valeur ajoutée dans et le savoir. La seconde interview du 08 juillet 2014 a porté sur la stratégie énergétique (le pourquoi du gaz de schiste une période de 7/10 ans pour l’exploration et non l’exploitation)  et les axes du programme du gouvernement SELLAL entre 2014/2020.

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Vendredi 11 Juillet 2014 - 11:39
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ACTUALITÉ
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