REFLEXION

ACHAACHA : Des maisons ensevelies et menaces de maladies à transmission hydrique au douar Beghadia



ACHAACHA : Des maisons ensevelies et menaces de maladies à transmission hydrique au douar  Beghadia
Dans le douar de Beghadia, dépendant de la commune de Achaacha, une dizaine de familles courent le risque d’être ensevelies, un jour, sous les dunes de sable, qui avancent lentement. Et ce n’est pas tout, le risque des maladies hydriques est très présent tant que ces familles consomment une eau impropre, puisée du seul puit disponible, selon les habitants rencontrés sur les lieux.
Nous sommes à Achaacha, à l’extrême est de la wilaya de Mostaganem, wilaya promise, jadis, de devenir la perle de la méditerranée par un candidat à la candidature suprême en 2004. Cette fois, nous serons encore obligés d’entendre les mêmes chansonnettes et les mêmes promesses. Juste le temps de la récréation passé, les brebis galantes rentreront au bercail et la vie continue avec son lot de problèmes quotidiens.
A douar Beghadia, un hameau situé sur le littoral de Achaacha et qui illustre parfaitement une partie de l’Algérie profonde, vive une dizaine de familles composées d’une soixantaine de personnes. Elles habitent de vieilles masures. La particularité commune à ces dernières, demeure l’état de dégradation avancé de leurs structures. L’effondrement des parties des murs de soutènement et des toitures et la présence de fissures au niveau des parois. La situation des lieux s’est dégradée encore plus après l’avancée des dunes dont le sable a enseveli plusieurs maisons. D’autre part, ces oubliés de la république vivent en danger permanent, sujets à des maladies transmissibles par l’eau telle la typhoïde, une eau impropre de surcroît, puisée du seul puit disponible.
Rencontré sur les lieux, Azzedine M. crie son raz-le bol. C’est un père de famille composée de cinq personnes qui vivent dans une demeure délabrée datant de l’ère coloniale ; un vieil héritage de ses grand parents. En réalité, c’est une pièce unique construite en pierres et dont, les murs sont fissurés par le poids des années et les aléas du climat. Une seule pièce de dix mètres carrés à peine, qui fait office de salon, cuisine et chambre à coucher pour toute la famille. A l’extérieur, la maisonnette de Azzedine est partiellement engloutie sous le sable. On a constaté de visu des maisons entières sous des dunes de sable. Leurs occupants ont été forcés à déménager devant la force de la nature et l’immobilisme des responsables locaux.
Azzedine, un brave homme privé de ressources stables, fait de la gymnastique au quotidien pour subvenir aux besoins de sa petite famille. La facture des soins médicaux représente la part du lion de ses dépenses. Il nous déclare que l’eau consommée est la source des ses malheurs d’autant plus que la région est un fief de la typhoïde, due essentiellement au non traitement de l’eau et à sa non potabilité. A maintes reprises, Les habitants ont demandé aux services concernés de la commune de leur servir de l’eau potable par citerne, en attendant de trouver les solutions appropriées. Une demande des plus légitimes et des plus sensées, ce n’est pas trop demandé, juste quelques dizaines de litres pour la consommation humaine. Mais en vain, rien n’a été fait pour eux, personne ne veut les écouter, ni les assister dans leur malheur. Peut être, comme à l’accoutumée, on attend la catastrophe pour se précipiter à leur secours. Eh ! oui, il faudrait comptabiliser des morts et des épidémies pour que nos responsables daigneraient bouger le petit doigt. Qu’attendent-ils pour prendre en charge et d’une manière sérieuse et efficace ce problème. A voir l’état des lieux, on s’imaginerait dans des zones, où la désertification fait rage, telles les zones des hauts plateaux ou celles du Sahel. Un vieux proverbe dit : « vivant, il avait envie d’une datte. Mort, on lui a servi une grappe ». Le constat des lieux résume à lui seul l’insouciance mêlée à l’incompétence et au désintérêt manifeste des responsables locaux.
A Arzew, le président de la république a déclaré, nous le citons : « l’état a déboursé plus de 160 milliards de dollars, mais nous n’avons pas eu les résultats escomptés ». L’homme n’a pas tort et c’est l’amère vérité. Tant que la médiocrité est présente à tous les échelons, on ne peut que constater les dégâts. Même avec 1000 milliards, les résultats ne seront que médiocres. Notre souci n’est pas l’argent, et nos problèmes ne viennent pas de l’argent. Certes, l’argent est un moyen de premier ordre, pour pouvoir atteindre les objectifs assignés, mais à lui tout seul rien n’y fait. Le mal est profond, et la nation a besoin d’hommes travailleurs, intègres et dévoués à la cause pour donner un plus à ce pays. Avec la clairvoyance, le savoir faire et la compétence, on peut faire des miracles avec le peu de moyens disponibles. Le laisser-aller et la politique du tout va bien mènent vers l’impasse et élargissent davantage le fossé séparant les gouvernants des gouvernés.
En attendant, la colère couve et les promesses sans lendemain ne font qu’exaspérer la patience des « laisser pour compte ». Cette situation ne pourrait perdurer, et les responsables devraient être rappelés à l’ordre et mis devant leurs responsabilités respectives, et il est temps qu’ils comprennent qu’ils sont au service de ce peuple, qui mérite tout le respect.

Abdelwahab Adda
Samedi 28 Février 2009 - 03:21
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MOSTAGANEM
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