REFLEXION

A qui le tour ?



A présent que les enseignants des différents corps relevant du secteur de l’éducation nationale ont fini par obtenir gain de cause, les praticiens spécialistes de la santé publique espèrent, à leur tour, que les pouvoirs publics vont finir par accorder à leur mouvement de protestation le traitement tant attendu depuis le début de leur grève. Si tel était le cas, tous les travailleurs algériens de l’ensemble de l’ensemble des secteurs, hormis les personnels de la Sonatrach et certaines catégories de citoyens dits favorisés, devraient emprunter le même chemin pour voir leurs salaires réciproques revus à la hausse, compte tenu de la conjoncture actuelle. Fa ce à une sorte d’anarchie avérée en matière de pouvoir d’achat, et des prix qui ne cessent d’augmenter outre mesure, les citoyens algériens sont en droit d’espérer un plus sur leurs fiches de paye, afin de pouvoir desserrer d’un cran leur ceinture tenue trop longtemps serrée. Les deux tiers des algériens, sur l’ensemble du territoire national ne se nourrissent que de produits de base et ont fini par tourner le dos à un certain nombre de produits essentiels à leur alimentation. Est-il réellement possible, de nos jours, de parler de menus équilibrés ou d’alimentation saine quand la sardine est proposée à 300 DA le kg ? Avec le temps, les algériens ont fini par perdre le goût et la saveur de bon nombre de produits alimentaires, de fruits et légumes. Ils se contentent de l’essentiel pour remplir leur panse pour ne pas entendre gazouiller leurs ventres creux. Les enseignants devraient se sentir plus qu’heureux car ils vont pouvoir désormais manger à leur faim. Que dire alors des salaires qui, toutes indemnités comprises, n’atteignent pas les 20 000 DA par mois ? Qu’en est-il aussi des pensions de retraite dont les augmentations sont octroyées au compte goutte ? Aussitôt perçues elles sont vite dépensées, malgré tous les sacrifices et les acrobaties pour tenir le coup et rester en vie. Et que dire alors que la classe la plus basse de l’échelle, celle concernant les travailleurs des derniers maillons de la chaine ? Ceux qui font partie d’un système propre à l’Algérie qu’est le filet social. L’on sait que des pères de familles travaillent pour seulement 3 000 DA à 4 000 DA par mois au moment où les légumes secs sont taxés entre 18O et 19O DA le kg et le sucre à 100 DA le kg. L’orange, produit « made in Algéria », à 120 DA le kg et les dattes de chez nous à 400 DA le kg. Nous n’osons pas, par crainte de rougir, de mentionner les prix du kg de viande ovine ou bovine ni ceux du rouget ou de la crevette. Ceci dit, le recours à la grève serait-il le seul moyen dont disposeraient les citoyens lésés pour obtenir gain de cause. Nos députés oublient souvent le rôle pour lequel ils ont été mandatés ; serait-ce parce qu’ils n’ont pas à se plaindre ?

Mohamed Bentahar
Mercredi 24 Février 2010 - 11:22
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CHRONIQUE
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