REFLEXION

À quand le tour de l’Egypte ?



La chute accélérée de Ben Ali en Tunisie n’a pas fini de faire trembler les régimes voisins. Malgré la poigne de fer de Benali, son régime policier et le soutien affirmé de l’occident à son égard, notamment avec la proposition  faite à la Tunisie par Michèle Alliot-Marie, Ministre de la défense, d’assurer un encadrement policier pour contrôler les foules de ces deux pays, il est tombé de façon aussi rapide qu’inattendue. C’est donc possible de faire basculer une dictature socialiste arabe. Pourquoi pas celle de Moubarek? Après ce coup d’État de l’armée, de grandes incertitudes pèsent sur la Tunisie en l’absence de force d’opposition organisée autre que les mouvances islamistes. Espérons qu’un pouvoir de transition favorisera l’instauration d’une démocratie apaisée et la poursuite des réformes engagées de libéralisation et la lutte contre la corruption endémique du pouvoir et de l’administration du pays. C’est le prix à payer pour connaître le décollage économique des tigres du sud-est asiatique. C’est sans doute en s’engageant sur la voie des réformes que le pays a ouvert les yeux du peuple sur ses perspectives, mais aussi sur les blocages qui les maintenaient inaccessibles. Le socialisme arabe de Benali est terminé, espérons que la Tunisie aura enfin droit de continuer sa route vers un régime de démocratie libérale. Mais les jeunes de l’ensemble du pays arabes vont maintenant pouvoir s’appuyer sur cet exemple pour envisager le passage à l’action, et se réapproprier leurs libertés confisquées.  Le régime Egyptien  va observer l’après Benali et évaluer les chances de faire évoluer le pays si la révolte populaire prend de l’ampleur. L’Egypte a un passé et un régime bien plus lourds que la Tunisie, mais l’histoire connait parfois des retournements surprenants, espérons que ce soit pour le meilleur.  La révolution du Jasmin risque de s’étendre aux fins fonds d’Assiout et de Guizeh, et ni la famille ‘’royale’’ Moubarek, ni leurs protecteur ne pourront y faire face. Le sort des dirigeants arabes étant scellé, ces derniers doivent faire preuve de plus de prudence, le terrain n’est plus sécurisé, bien au contraire  tout le monde arable est assis sur une bombe à retardement. A ceux qui sont encore aux rênes de faire preuve de sagesse et accéder aux aspirations de leurs peuples respectifs. Quoi qu’il en soit la Tunisie reste un exemple à méditer pour les uns et à craindre pour les autres.

Kacem
Lundi 17 Janvier 2011 - 10:48
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CHRONIQUE
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