REFLEXION

A DEFAUT DE MAIN D’ŒUVRE : Les petits métiers se meurent

Les raccommodeurs, ces personnes qui pratiquent de petits métiers de réparation dans les nombreux faubourgs d’Oran, continuent de résister aux aléas du temps. Ces «rafistoleurs», malgré leurs minces étals, nichés dans certaines rues commerçantes, tout au long des trottoirs et sur des placettes, sont toujours sollicités par des ménagères.



A DEFAUT DE MAIN D’ŒUVRE : Les petits métiers se meurent
Au marché des Aurès, au centre ville d’Oran, certains artisans font de la résistance pour rendre toujours service à la ménagère.C’est le cas de cet ex-étameur de casseroles, aujourd’hui réparateur de cocottes-minute, en plein air depuis 22 ans, dans un espace théorique ne dépassant pas les deux mètres carrés. «J’aurais aimé ouvrir un local, mais le bail de location coûte cher. Le travail marche bien», souligne Mohamed, un enfant de Sid El-Houari, qui s’est fixé définitivement dans ce petit espace, après avoir été longtemps ambulant. Mohamed fait toujours l’admiration de sa clientèle qui le connaît pour sa dextérité, son amour du métier et la qualité de son travail qui fait durer l’usage de l’ustensile qu’il répare.Une dame, la cinquantaine entamée, qui s’est fait beaucoup de soucis pour sa cocotte-minute, témoigne avoir trouvé la solution chez ce réparateur pour préserver ce «petit bijou» auquel elle est très attachée, qualifiant certains nouveaux produits de «camelote».A Haï Médina Jdida, un point de ralliement où se pratiquent mille et un métiers, il ne reste aujourd’hui pratiquement que quelques réparateurs horlogers qui ont pignon sur rue dans la mythique place Tahtaha. Tout humblement, ils continuent à survivre à cette déferlante de produits «made in». Cette activité nécessitant un savoir-faire a encore de beaux jours devant elle, comme le croit Rédouane, qui œuvre à «perpétuer» ce métier hérité de père en fils. «L’arrivée de montres jetables ne nous fait pas peur», souligne-t-il, soutenant que l’activité peut reprendre sa prospérité si l’on s’y intéresse sérieusement au niveau des Centres de formation professionnelle. Une profession qui ne s’arrête pas à la réparation de montres, mais s’étend à d’autres activités liées à la collection d’objets d’arts, poursuit-il. «Tant que les grandes marques continuent d’exercer, il y aura toujours du boulot», assure cet artisan qui estime que le métier s’est raréfié, mais n’a pas disparu.Certains lieux sont tout simplement dédiés aux métiers de cordonniers comme ceux qui élisent domicile à la rue Khemisti, où les clients viennent de partout pour réparer leurs chaussures. Un père de famille rencontré chez Djamel, un cordonnier connu sur la place, dit préférer changer les semelles ou placer de nouveaux talons à ses chaussures plutôt que d’acheter une nouvelle paire. Pour autant, certains corps de métiers sont devenus rarissimes tels que les maroquiniers, les réparateurs de lunettes, de vélos, les confectionneurs de djellabas, de terbouch, les repasseurs de vêtements, les rémouleurs et bien d’autres encore. Ce tissu d’activités faisant la réputation de ce quartier populaire a été fragilisé au profit d’autres activités liées à l’apparition de la téléphonie mobile, du micro-ordinateur et de la télévision.

Medjadji H
Jeudi 7 Février 2013 - 00:00
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Oran
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