REFLEXION

54 ANS APRES LES MASSACRES DU 17 OCTOBRE 1961... L'ALGERIE ATTEND TOUJOURS DES EXCUSES ’OFFICIELLES ‘’. : La France interpellée

Plus d’un demi-siècle après, les évènements du 17 octobre 1961 n’ont cessé d’être ignorés, même si François Hollande président de la République française ait
reconnu ‘’timidement’’ la "répression sanglante" d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris, les algériens attendent toujours des excuses de la part
de l'Elysée des excuses ‘’officielles ‘’.



Cette journée fatidique est commémorée chaque année par le peuple algérien sur fond de tristesse et de deuil. Il faut se souvenir que c’est par des exactions, et dépassements que des manifestations pacifiques ont été réprimées par la France se soldant par des interpellations, des arrestations et des tueries se chiffrant par centaines parmi les algériens. Il y a cinquante et un ans jour pour jour le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers de travailleurs algériens et leurs familles manifestaient pacifiquement à Paris, contre le couvre-feu instauré à partir de 20h30 à 5h30 du matin imposé pour les algériens par la Préfecture de Paris sur décision de Maurice PAPON, alors Préfet de police de l’époque. Intervenant pour réprimer les manifestations pacifiques, les forces de l'ordre et de sécurité, que dirigeait PAPON, ‘’cet autre criminel nazi’’ fut d'une extrême violence. Les algériens présents dans les rues de Paris furent molestés, torturés et massacrés. Ce fut le chaos pour ces hommes qui réclamaient la liberté, et des coups de feu furent tirés engendrant des morts parmi, les algériens, victimes de leur pacifisme et de leur naïveté. Le lendemain, de nombreux corps sans vie noyés furent découverts flottant à la surface du fleuve de la Seine, laissant apparaitre un massacre lâchement perpétré par un colonisateur sanguinaire à l’encontre d’une population sans défense et sans arme. Un carnage qualifié de crime d’Etat commis par la France. Le nombre de personnes décédées, interpellées, ou des disparus demeure imprécis, alors que les statistiques faisant état des recherches, avancent des chiffres estimés à des centaines de morts.
Le film des évènements :
Cinquante-quatre ans plus tard, les Algériens se souviennent encore du tragique évènement qui témoigne encore de la sauvagerie, de la barbarie, de la haine et du mépris des ‘’nazis de France’’ qui ont ensanglanté une page de l’histoire de France, transformant une manifestation pacifique en tragédie, faisant des milliers de victimes d’hommes et de femmes, dont les corps sans vie et en cadavres flottants sur le fleuve (La Seine).  En effet, sept ans après le déclenchement de la guerre d'Algérie, les conflits opposant algériens et français se sont exportés en métropole. Et même si le principe de l'indépendance serait acquis, et que les négociations à Evian étaient ouvertes depuis mai 1961, la cohabitation entre les deux communautés algéro-française est extrêmement tendue. Attentats, assassinats à la fois d'indépendantistes algériens et de policiers se multiplient. La pression est si forte que le préfet de police, Maurice Papon, finit par instaurer le 5 octobre un couvre-feu à partir de 20h30 à 5h30 pour tous les "Français musulmans d'Algérie". Une décision qui a fait réagir la Fédération de France du FLN appelant les Algériens de Paris et de sa région à manifester pacifiquement contre ce couvre-feu jugé discriminatoire. Pour rappel, Michel Debré est Premier ministre, Roger Frey, ministre de l'Intérieur et le général de Gaulle, chef de l'Etat. Celui-ci donne carte blanche à Maurice Papon pour interdire la manifestation. Bravant la menace, les Algériens, majoritairement des ouvriers, vont se rendre dans la capitale en costume du dimanche, comme s'ils allaient à "un mariage, à une fête". Pour certains, c'était la première fois qu'ils quittaient leurs bidonvilles. Plus de 30.000 Algériens seront accueillis par des milliers de policiers à Paris.
Interpellations, arrestations tueries, noyades…
La répression policière a été sans limite. Arrestation de plus de 12 000 personnes, tortures, expulsions, disparus, rafles, morts et manifestants jetés dans la Seine… Personne à ce jour n’est en mesure de faire le bilan macabre exact de cette nuit d’horreur. Le chiffre officialisé par les services de sécurité de l'époque faisait état de 3 morts. Mais en vérité celui-ci est de l'ordre de plusieurs centaines de morts. La journée du 17 octobre a marqué un tournant décisif dans l’histoire de la guerre d'Algérie, laquelle continuera jusqu'au cessez-le-feu du 19 mars 1962 et à l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet. Les journaux relatent les faits, des demandes d'enquêtes sur la répression et le rôle de la police sont réclamées mais Maurice Papon et ses supérieurs ne les ont jamais autorisées allant jusqu’à les refusées. La censure s'abat sur les journaux, les livres, les documentaires, qui tenteront de faire la lumière sur cette nuit-là mais en vain obstacle politique oblige. Les historiens et la Fédération de France du FLN évoquent plusieurs centaines de morts et de disparus, plus de onze mille Algériens arrêtés, et détenus, dans des conditions atroces et inhumaines durant plusieurs jours. Des autobus de la RATP ont même été réquisitionnés pour leur déportation dans des stades, ou dans des commissariats pour être sauvagement torturés, souvent à mort. Les survivants au massacre ont été expulsés massivement vers l’Algérie. Pour de nombreux historiens, les massacres du 17 octobre 1961 marquent l’apogée d’une répression meurtrière déjà renforcée depuis le mois de septembre de la même année. En effet, dès ce mois-ci déjà, les harkis, ces supplétifs de l’armée française s’installaient au bidonville "La Folie" de Nanterre pour pratiquer des méthodes éprouvées de quadrillages, de terreur et de torture. Les contrôles policiers, que les Algériens subissaient déjà, les insultes, les brimades, les rétentions de plusieurs jours se multipliaient. On constatait alors que les décès d’Algériens, dont on retrouvait les cadavres sur la voie publique, et qui augmentaient de jour en jour.
Une plaque commémorative à la mémoire des Algériens tués lors de la sanglante répression au pont Saint-Michel !
Ce n’est que le 17 octobre 2001, que Bertrand Delanoë ancien maire de Paris, a fait un geste fort en inaugurant une plaque commémorative au pont Saint-Michel, où furent jetés les corps de centaines d’Algériens et où est écrit "à la mémoire de nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961" et c’est tout. !
 


B. Adda
Vendredi 16 Octobre 2015 - 16:36
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