REFLEXION

38ème anniversaire de la mort de Houari Boumediene : ‘’un Etat qui survit aux hommes et aux événements’’

Les lois et les morales sont essentiellement éducatrices, et par cela même provisoire. Toute éducation bien entendue tend à pouvoir se passer d'elles. Toute éducation tend à se nier d'elle-même. Les lois et les morales sont pour l'état d'enfance : l'éducation est une émancipation. Une cité, un État parfaitement sage vivrait, jugerait sans lois, les normes étant dans l'esprit de son aréopage. L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure."André Gide



 Du statut de la théorie   au concordat de la doctrine passant par un règlement de la pratique, faisait bien valoir   la trinité de l’esprit, de la parole et de l’action. Cet ensemble nécessite un modèle et une stratégie pour entamer tout décollage économique, social et culturel dans le but d’accueillir le fruit de l’effort et le plaisir de sa satisfaction .Devant un panier contenant les forces, les  concepts tels les institutions- l’Etat- la stabilité- l’équilibre régional- la décentralisation-la richesse morale et matérielle-la jeunesse – l’unité- le développement- l’éducation…….
Un petit recul historique vers les premiers temps de notre indépendance, la situation du pays était caractérisée par des forces déstabilisatrices très conséquentes pouvant mener le pays dans une anarchie totale et sans précédant. Cette instabilité  était due à des séditions à l’époque en plus du  désordre par le manque de l’autorité. Sans  oublier   la rébellion qui a eu pour théâtre  la région de Collo, celle de Tizi Ouzou et aussi celle du nord constantinois et enfin  du sud du territoire  national pour une raison ou pour une autre cela ne permettait point de stabiliser le pays. Une atmosphère de  graves troubles  qui poussait le pays vers une désintégration totale où règnent  le chaos et la déstabilisation. La situation économique et sociale étaient encore plus grave, chômage, manque de cadres, l’exode rural, la pauvreté, la confiance était précaire, les immixtions étrangères surtout de la France  dans les affaires internes, la sécurité du pays,……
Certes, à l’époque, il y avait un président de la république  élu, une constitution adoptée par le peuple, un parti et un comité central du FLN, mais la lutte clanique et lutte du pouvoir  ne pouvaient  point  empêcher  la stabilité du pays.
 Une situation catastrophique prédominait à l’époque  que l’histoire doit retenir et faire ressortir l’authenticité des faits historiques  du contexte.
Il est clair, que le redressement du 19 juin1965 avait clairement défini l’objectif primordial pour effacer cet état de fait déstabilisateur. Le premier point assigné était la construction de l’Etat pour assurer l’autorité( l’autorité étatique est l’autorité qui émane de l’Etat c’est-à-dire un Etat qui dispose de la personnalité juridique  et d’une autorité légale qui s’appui sur le droit positif et qui s’impose à toute la population d’un pays), l’ordre, la discipline et la sécurité ensuite édifier des écoles, restaurer les sols, exploiter les ressources naturelles, aider les agriculteurs, libérer le peuple de l’ignorance pour vaincre l’analphabétisme…...
 L’institution de l’Etat permettra dans un premier temps la consolidation de l’indépendance nationale afin de sauvegarder les acquis  de la révolution  et mener une politique pour le bien être de la majorité du peuple algérien.
Fallait il  engager un système libéral, socialiste, une démocratie ou tout court un Etat  où le droit deviendrait maitre car aucun pays ne peut entreprendre d’actions durables (en économie, en politique, en social, en culturel..) sans un équipage étatique stable, fort et efficace car tout règne basé sur l’illusionnisme politique ne peut qu’instaurer dans l’engrenage de l’appareil de l’Etat que de l’anarchie, le chaos, le désordre et le trouble.
  Il s’agissait d’après H. Boumediene (Allah Yarahmah) de construire et consolider avant tout un véritable Etat qui dure  dans le temps  ayant pour morale la révolution, et valeurs la justice et l’équité .Cet Etat devrait être  fondé sur engagement social réel (projet de société voir la charte nationale) dans le respect de nos valeurs  culturelles nationales. Cet Etat devrait être  capable d’assumer le pouvoir, l’ordre et la discipline par une autorité exemplaire basée sur le respect du droit. Lors de la célébration du 1er novembre 1965 H. Boumediene (Allah yarhamek)  avait déclarait : «  Nous considérons que l’édification de l’Etat algérien est une condition fondamentale de tout progrès et un élément indispensable de tout développement de la société algérienne. Cette société pourra progresser et se développer que si elle parvient à édifier un Etat dans son sens le plus complet du terme, à savoir un Etat fort qui défend les droits du peuple, un Etat jouissant du respect de tous…. » Car l’édification de l’Etat est la garantie essentielle du développement comme elle est la garantie principale de l’économie….. »L’édification d’un  puissant Etat  doit être l’œuvre de chacun de nous du plus petit au plus grand responsable ».
L’insinuation du fond de la pensée  de H. Boumediene(Allah Yarahmah) est cette vitalité énergétique  qui permet  l’application dans le sens  de la règle du droit au niveau des structures de l’Etat ( appareil administratif) dont les responsables de l’exécution  sont comptables en droits et obligations  c’est-à-dire soumis sous  la seule autorité des lois  et règlements issus du respect des options du peuple d’où  seront  proscrits le laxisme, l’irresponsabilité,  la médiocrité, l’incompétence, le laisser aller…..
L’objectif que voulait H Boumediene (Allah Yarahmah) était : » l’édification d’un Etat démocratique sur des assises solides, un Etat moderne sans lequel il est impossible de réaliser aucune action dans la construction et le développement du pays »il est évident que dans le contexte actuel et à travers l’histoire et les temps modernes  il n’existe pas une société   qui puisse suivre  la voie de la prospérité sans l’existence d’un Etat quelque soit sa nature.
 Il s’agit de mettre en place un appareil d’Etat , avec ses rouages qui se consolident selon des règles  et des lois  transparentes bien ordonnées et reflètent l’ordre de l’esprit d’entreprendre , la discipline dans l’action sous une force d’autorité pleine de valeurs, de  morales et de normes  qui ne laisse pas de place  à la violence ou autres secousses sociales. La stabilité et la continuité seront assurées  par un équilibre en droit et obligation de façon rationnelle.
 Une éducation populaire dont le résultat est la prise de conscience du peuple pour accomplir  ses devoirs de citoyen ( formation de la citoyenneté) envers l’Etat, lui-même et la société en générale, tout en respectant les lois et règlements ; les représentants de l’autorité et en s’acquittant des impôts  et taxes. Le fond de la pensée de H. Boumediene (Allah Yarahmah) était de préparer un esprit  sain dans le corps  social équilibré  apte pour avancer dans le chemin du progrès et de la prospérité, structurer la société  et réglementer par  synergie toutes ses composantes de création de valeurs et de richesses, en un tout un projet de société intègre capable de réussir.
 Par conséquent ,il s’agissait de régler, de préparer et  mettre en place toute l’énergie nécessaire et  possible pour  bâtir un esprit sain dans une société apte pour le développement et un état de droit fort pour  enfin arriver à instaurer la démocratie  qui permet  de faire valoir les valeurs, la compétence, la science, le mérite  et autres valeurs universelles  
 Les assemblées qui personnifient  la décision collégiale  et l’association du peuple via des structures  diverses par catégories secteurs et catégories …. A la gestion des affaires  publiques, il est question que l’autorité de l’Etat remplace partout et à tous les niveaux les influences des individus et des groupes ou lobby qui se manifestent par un esprit régionaliste, matériel, le despotisme sur le compte des biens de l’Etat et de la nation.
H. Boumediene (Allah Yarahmah) dira en 1969 lors de l’installation des APW :  « Nous ne devrons pas porter un jugement sur l’institution des assemblées populaires dans leur état actuel c’est-à-dire en se référant à leurs premiers résultats. Nous devons les juger en fonction de l’avenir comme nous ne pouvons pas formuler une conclusion .Notre jugement devrait tenir compte  des attributions, des prérogatives qui leur sont conférées de la liberté de décision, d’initiative et d’innovation…… »
… »Il nous faut attendre le jour où les cadres sauront discerner entre l’esprit et la lettre du texte où les responsables des différents rouages auront compris l’étendue de l’autorité et de la compétence dans le cadre de la révolution… »
 « Il s’agissait par préférence  de bâtir l’avenir avant de penser à apporter une solution au problème de l’autorité immédiate, il fallait mettre en place des  organisations, des institutions et des appareils. La structuration des institutions est basée essentiellement sur des assemblées constituées par voie d’élection et s’étendent à tous les secteurs administratifs, économiques, culturels, éducatifs…. » Certes, l’autorité est le pouvoir de commander, d’être obéi  et  d’obliger  à quelque chose ; donc  l’autorité enferme la notion de légitimité. Cette autorité peut être issue du droit (règlements, lois..), de la structure (aptitudes-compétences, mérites…).Dans un Etat, cette autorité est le pouvoir politique, le gouvernement et l’administration publique chargée de faire respecter la loi et les règles sociales, économiques, culturelles...
Par extension, l’Etat désigne l’ensemble des institutions  et des services qui permettent de régenter et  d’administrer le pays : ministères, directions, wilayas,  communes, administrations -APN-Collectivités territoriales-   conseil constitutionnel, conseil d’Etat  -constitution- cour des comptes-défense- ….
 Il existe plusieurs sortes de nature de l’Etat : Etat centralisé –l’Etat d’urgence -l’Etat de droit- l’Etat fédéral- l’Etat policier ou gendarme- l’Etat providence- l’Etat des   généraux-étatisme-étatisation.
H. Boumediene (Allah Yarahmah)  dans son programme d’édification de l’Etat, il voulait mettre en place les fondements  rationnels solides pour résister à toutes les épreuves  et dont la stabilité et la continuité seraient en tout état de cause garantie.
 Il dira à cet effet  que le peuple n’a jamais cessé d’être à nos yeux la source de l’autorité  et du pouvoir  si quelques algériens ou  quelques étrangers de l’époque  ne comprennent pas cette vérité  c’est qu’ils ne saisissent pas la nature des conditions  qui nous contraint à donner le pas à des priorités bien précises.  H. Boumediene (Allah Yarahmah) dira :La situation dans laquelle nous avons trouvé le pays au lendemain du 19 juin  nous a obligé à nous pencher sur le renforcement des bases de l’Etat car il n’est pas possible de faire face aux problèmes d’édification dans un monde moderne et au milieu des défis extérieurs sans un état fort … »
L’objectif est de permettre  au peuple algérien de gérer ses propres affaires à tous les niveaux  dans un proche avenir  le peuple pourra designer démocratiquement ses représentants) toutes les instances des institutions du pays tel était les vœux, le souhait et l’espoir de H. Boumediene (Allah Yarahmah).
 Pour H. Boumediene (Allah Yarahmah), la démocratie est la participation effective des masses dans les affaires du pays.
L’état des faits actuels, après   38 ans de sa disparition, le pays s’est désindustrialisé par des opérations de liquidation et de privatisation, sans l’aval du peuple, le tissu industriel est mou, n’est plus producteur de richesse, ni de valeurs. Les instituts de formation ont été supprimés, l’école et l’université n’ont plus d’énergie créative. Beaucoup de cadres ont été formés durant la décennie 70 que ce soit dans nos instituts, nos universités ou encore dans toutes les grandes universités du monde. Cette panoplie de cadres qui devrait prendre en charge la destinée du pays  par le biais de l’instauration d une énergie nouvelle au niveau de toutes les institutions de l’Etat ; n’ont pas  su mener leurs missions comme  ils se doivent. La carrière professionnelle  égoïste valait plus de  peine   que l’engagement révolutionnaire ; la petite bourgeoisie l’emportait  sur l’esprit d’entreprendre, et l’action pour le changement, la parole a prévalu et on est resté à la merci des malhabiles.
 Houari Boumediene (Allah Yarahmah) était animé par une profonde conviction (sentiment très rare chez les responsables algériens), l’argent de l’Etat appartenait à la nation et ne devrait point être dilapidé comme il se fait aujourd’hui. Cette conviction a guidé son comportement jusqu’à la fin de sa vie, le despotisme, le régionalisme et autres faits néfastes, ne voulait pas qu’ils  soient érigés en règle au niveau des institutions et des corps de l’Etat  comme ils se font aujourd’hui à travers nos institutions.
 Un bref  bilan de H. Boumediene (Allah Yarahmah) : la récupération des richesses nationales (1966-1971), la démocratisation de l’enseignement, la gratuité des soins, la révolution industrielle, agraire et culturelle, principe contenus dans la déclaration du 1er Novembre1954, fière de la dignité et du bien être des algériens (les algériens personnifiaient cette fierté  ainsi « El Passeport lakhdar ».
 H. Boumediene (Allah Yarahmah) avait  terminé par cette idée vous avez vécu la mise en place des institutions, il faut aller jusqu’au bout, il va y avoir des changements importants, j’envisage pour la fin de l’année et le début de 1979 un grand congrès du parti .Nous devons dresser le bilan, passer en revue ce qui est positif mais surtout examiner les causes de nos échecs, rectifier nos erreurs et définir les nouvelles options.
Paul Balta un peu très curieux dira à H. Boumediene (Allah Yarahmah) : envisagez- vous d’ouvrir la porte au multipartisme ? Et d’accorder plus de place au privé ? De libéraliser la presse ? De facilité l’organisation du mouvement associatif ?
 H. Boumediene (Allah Yarahmah) lui a sourit dans le sens du positivisme ; et lui répond : vous êtes le premier à qui j’en parle, je ne peux être plus explicite pour le moment, mais faites moi confiance vous ne serez pas déçu ?
Le temps lui a beaucoup manqué, avec moins de 27 milliards de dollars en 13 ans  il avait  fait la fierté de l’Algérie, dans l’industrie chimique, l’industrie mécanique, l’industrie sidérurgique, dans l’informatique et l’électronique  aujourd’hui même le raffinage est en déficit. Alger était devenue la Mecque des révolutionnaires……
 Depuis 1979, l’Algérie a engrangé plus de 1000milliards de dollars pour acheter des biens et des services de  la Chine, de l’Amérique et  de l’Occident  , Alger n’est plus cette Mecque des révolutionnaires, et le passeport « lakhdar » est devenu biométrique qui ne sert pas à grand-chose puisque « ElHarga » est « benx »( gratuit).H. Boumediene ( Allah Yarahmah) était un homme d’Etat , il a toujours lutté pour la grandeur de l’Algérie  et de son peuple, il voulait édifier un Etat qui survit aux hommes et aux événements.

 

Benallal Mohamed
Lundi 26 Décembre 2016 - 20:10
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