REFLEXION

1ER MAI : JOURNEE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS : De la lutte à la fête !

Demain, vendredi 1er Mai 2015, le monde entier célébrera la Fête du travail comme à l’accoutumée depuis des années déjà, une occasion pour l’ensemble des travailleurs de la planète de défiler joyeusement dans les grandes et petites villes à travers tous les continents. En Algérie, la célébration intervient cette année dans un contexte particulier, marqué par les acquis des salariés obtenus grâce à de longues luttes syndicales dans les différents secteurs professionnels, et les nombreuses aspirations des employés, surtout à l’heure actuelle où l’on parle énormément des fluctuations des cours du pétrole dans le marché mondial, principal moteur de l’économie nationale.



Le premier Mai symbolise et marque la lutte des travailleurs de par le monde qui au prix de sacrifices et de souffrances humaines, ont réussi à mettre un terme à l’exploitation de l’homme par l’homme, a organisé leur temps de travail, a amélioré leurs conditions de travail etc. Cette journée représente beaucoup pour les salariés dans le monde du travail et est fêtée dans l’ensemble des pays à l’instar de l’Algérie. De nos jours, les syndicats continuent à mener des combats afin d’éradiquer le phénomène de l’inégalité des salaires, du travail au noir…Maintenant, pour mieux comprendre comment cette journée mémorable est d’une importance capitale pour le monde du travail, il faut revenir à ce fameux samedi 1er mai 1886 aux États Unis d’Amérique et plus précisément à Chicago, quand issus d’un mouvement revendicatif composé de syndicats réclamant 8 heures de travail par jour, 400 000 salariés paralysent de nombreuses usines à caractère économiques pour faire valoir leurs droits dans le cadre du respect relatif à des horaires de travail modérées. En effet, cette date du 1er Mai avait été choisie, vu que plusieurs entreprises américaines entamèrent ce jour-là, leur année comptable. À partir de cette date, le premier mai est devenu le jour international des revendications ouvrières à travers le monde, donnant lieu à des défilés de travailleurs. Si la journée de 8 heures a été acquise déjà au 19ème  siècle; le premier mai a continué cependant, à être la journée des revendications salariales. Depuis 1941, c'est devenu un jour chômé. Il faut attendre l’année 1947, pour que ce jour férié soit chômé et payé pour l’ensemble des travailleurs du monde entier.

Le 1er mai en Algérie sur fond de revendications socioprofessionnelles
En Algérie, durant ces 15 dernières années, plusieurs conventions collectives de branches, de conventions collectives d’entreprises et d’accords salariaux ont été conclus dans le secteur économique public, également  dans le privé.  Comme on le sait, c’est après de longues négociations et de pressions syndicales que le salaire minimum garanti, quant à lui a connu une augmentation de l’ordre de 300% depuis septembre 1998 à ce jour. En effet, il est passé de 6000 DA au 1er septembre 1998, connaissant progressivement tous les deux ans une revalorisation salariale pour atteindre finalement au  1er janvier 2012,  le montant de 18.000 DA. D’autre part, les augmentations salariales, les réformes relatives au pouvoir d’achat des catégories sociales des travailleurs sont intervenues dans un cadre géopolitique très particulier.   Cette journée symbolise également la lutte des travailleurs dans le pays pour de meilleures conditions de travail, qui garantissent leur sécurité pendant l’exercice de leurs fonctions, notamment les travaux manuels à risque (maçonnerie, manœuvres, démineurs, pompiers, etc.). En ce sens, travailleurs, employeurs, gouvernement et ministères de la santé et du Travail, en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), célèbrent partout cette journée avec l’objectif commun de promouvoir la " culture de la sécurité " en milieu professionnel. Depuis plusieurs années, le mouvement syndical algérien rend hommage aux victimes des accidents et des maladies liés au travail en mettant prioritairement l’accent sur la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Code du Travail et article 87 bis  
L’article 87 bis du Code du Travail qui pénalisait l’augmentation de salaire depuis 1994, freinant toute évolution en raison de ses composantes, dont le salaire de base auquel s’ajoutent primes et indemnités liées au poste de travail a été abrogé. En d’autres termes, conformément à l’Article 87 définissant le salaire national minimum garanti, prévu à l'article 87 et qui comprend le salaire de base, les indemnités et primes de toute nature à l'exclusion des indemnités versées au titre de remboursement de frais engagés par le travailleur. Dans ce contexte, ce sont plus de trois millions de salariés qui verront leurs salaires augmentés à partir de cette année 2015. En d’autre terme les salaires qui sont inférieurs au SNMG (18000 Dinars), connaîtront une augmentation. D’autres mesures également pencheront sur le dossier des retraités, la valorisation et l'amélioration de la production nationale, ainsi que des conditions socioprofessionnelles des travailleurs, suite à la décision d’abrogation de l’article susmentionné.  Le Fonds National d'Investissement (FNI), spécialisé dans le financement du secteur public, interviendra désormais dans le financement des entreprises privées. Pour revenir un peu à l’article 87 bis du Code du Travail, les syndicats ont toujours appelé à sa suppression pour favoriser une augmentation du travailleur plus conséquente, malheureusement une opposition en la personne de  certaines entreprises qui avaient affiché une réticence, évoquant que l’abrogation de ce dernier pouvait affecter les entreprises en matière de compétitivité etc.  Pour rappel, l’article 87 bis de la loi 90-11 d’avril 1990, modifié et complété en 1997 relatif aux relations de travail, a été élaboré par le Fonds Monétaire International (FMI) qui a imposé des conditionnalités draconiennes à l’Algérie, en cessation de paiement en 1994.

Abrogation de l’article 87 bis du Code du Travail  
C’est après de longs mois de négociations impliquant syndicat et Gouvernement, que le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ait annoncé dans son message aux travailleurs le 1er Mai passé, la suppression de l’article 87 bis et les conclusions intervenues lors de la tripartite du 23 février 2014. Avec l’abrogation du 87 bis, le SMNG est désormais plafonné à 18.000 dinars, et considéré comme le plus bas des salaires à verser aux travailleurs. Une décision qui intervient après de moult réclamations formulées par cette catégorie d’employés qui éprouve des difficultés à affronter la situation actuelle et à joindre les deux bouts.

Lutte contre le chômage ; l’autre grand chantier du Gouvernement
Parce que l’on ne pourrait pas parler des acquis de la longue lutte des travailleurs algériens durant les vingt dernières années, sans aborder l’épineuse problématique de la lutte contre le chômage et notamment celui des jeunes. Au-delà de la bataille autour des chiffres du taux réel de chômage dans le pays pour l’année écoulée, il s’agit pour le Gouvernement d’avancer dans la réduction de l’inflation et du nombre des désœuvrés qui font face chaque jour à la difficulté d’accès à l’emploi, malgré les nombreuses recherches dans le monde du travail, de la part des demandeurs d’emploi bardés de diplômes, accrochés comme des reliques d’anciennes gloires, sur les murs de leurs chambres. Les efforts consentis par l’État, afin de résorber un tant soit peu le fléau du chômage à partir des années 2000, ont vu éclore leurs fruits après l’entrée en  vigueur des mesures incitatives à la création d’emploi, à l’exemple des différents programmes (ANSEJ, CNAC, etc.), mais malgré cela, le taux de chômage continue de grimper inexorablement, puisqu’aujourd’hui, l’Algérie compte plus de 1,214 million de chômeurs, soit un taux de chômage 10,6% en septembre 2014, selon deux enquêtes réalisées par l’Office National des Statistiques. Les jeunes et les universitaires sont les plus touchés par le phénomène du chômage avec les taux respectifs de 25 et de 16%. Selon les résultats de deux enquêtes sur l’emploi réalisées auprès des ménages par l’Office National des Statistiques en avril et septembre dernier, le taux de chômage en Algérie s’est établi à 10,6%, soit une hausse de 0,6% par rapport aux années précédentes. Cette problématique de la bataille de l’emploi est devenue un casse-tête pour tous les Gouvernements qui se succédèrent en Algérie, depuis l’Indépendance à nos jours. Les solutions existent bel et bien et sont connues par les experts et autres économistes de tous bords qui firent leurs classes dans le pays, mais il ne suffirait certainement pas de réunir les bon ingrédients pour réussir la ‘’recette miraculeuse’’ du plein emploi. Il faudra sans aucun doute réanimer toutes les industries créatrices d’emplois dans les différents corps de métiers (textile, métallurgie, conserverie, cimenterie, industrie automobile et mécanique, agroalimentaire, et autres activités socioéconomiques).   

 

AZZI S. Mohsen & B. Adda
Mercredi 29 Avril 2015 - 17:58
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